Écrits de danse

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Me laisser imbiber d’impressions. Visuelles. Colorées. De textures. De sons, d’odeurs, d’atmosphères. Avoir confiance que cela s’imprime quelque part, se mémorise, enrichit mon univers.

Ne pas préjuger de ce qui en ressortira, de la façon dont ça ressortira. Me contenter de recueillir les moindres détails du vivant dans l’escarcelle de mes cellules.

Danser pour sculpter des volumes. Densifier des espaces entre mes membres ou les dissoudre, créer des lignes de fuite pouvant s’étendre à l’infini mais aussi s’arrêter, à 1m, à 20m, à la surface de ma peau.

Jouer des incoordinations, ouvrir des chemins, débusquer les autoroutes du déjà-fait, les automatismes.

Me réécrire à chaque fois.


« La beauté est dans les yeux de celui qui regarde. », a dit Oscar Wilde. Lorsque je pratique la danse d’improvisation, il me semble que le monde entier devient une scène. Tel passant se retrouve à marcher exactement au rythme de la musique que je suis en train d’écouter dans ma voiture, un petit groupe discute, une fenêtre dans un immeuble s’ouvre, de gros feux rouges se mettent à clignoter pour annoncer le passage du tramway, les rayons du soleil déclinent sur les vitres d’un bâtiment leur éclat mordoré.

« Le spectacle est dans les yeux de celle qui regarde. », me dis-je.

Plus je pratique l’improvisation, plus la poésie de l’instant se révèle. Sa musique, ses formes, ses coïncidences, ses couleurs, ses orchestrations improbables. Il n’est pas rare que j’éclate de rire, seule, spectatrice privilégiée d’une représentation impromptue.

Dans l’art, on parle de « spectacle vivant ». Mon regard fait du vivant un spectacle. Lorsque ma pratique de la danse d’improvisation est suffisamment soutenue pour qu’elle imprègne mon regard en toile de fond, s’opère cette mise en lien du vivant, cette grâce qui relie un nuage avec un panneau de signalisation, une affiche publicitaire et des feuilles accumulées dans le caniveau, un enfant qui tombe de son tricycle et un groupe de moineaux picorant autour d’une poubelle.

Lorsque je pratique la danse d’improvisation, la vie devient un spectacle dont j’entends la musique, dont je reçois confusément la beauté, qui invariablement me remplit d’émerveillement.


Dans mon expérience, il m’est impossible de détester une personne avec qui j’ai partagé un joli temps de danse.

Quelle que soit la façon dont la relation se tisse ensuite, qu’elle n’aille jamais au-delà d’une danse, qu’une amitié s’en mêle, que le lien reste ténu, qu’on arrive un jour à en découdre, le seul souvenir d’une danse partagée suffit à ramener la tendresse.

Danser ensemble est un acte de fraternité.

Teyaso

Teyaso est une association loi 1901, à but non lucratif, dont le but est de promouvoir la mise en mouvement des corps et des réflexions par la pratique amatrice de la danse contemporaine et la création collective.

Notre association propose des activités tournées vers le mouvement, principalement la danse. Elle porte un intérêt particulier à la création artistique et à la réflexion collective. 

Notre expérience est que la mise en mouvement et la création collective participent à des relations harmonieuses entre tous types de personnes, quels que soient leur âge, leurs capacités physiques et leur milieu social. C’est une société inclusive que nous soutenons.

Des cours de danse, des ateliers danse et poésie, des processus expérimentaux de danse, des stages d’écriture chorégraphique, des performances dansées, des créations collectives, des réflexions sur la pratique artistique amatrice, des conférences, font partie de ce que nous proposons.

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